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La course, c’est le pied, mais le choix d’une chaussure est un vrai casse-tête ! Tous les conseils pour bien s’équiper... Christophe GAILLARD et Nathalie LAMOUREUX

Ce n’est plus une mode, mais un véritable raz de marée. Selon la lettre professionnelle Sporteco, on dénombre, en France, pas moins de dix millions de coureurs. Et 6,6 millions de paires de chaussures de course à pied ont été vendues en 2005, soit une progression de 8 % en volume et de 2 % en valeur en un an.

Quelles sont les raisons d’un tel engouement ? Le plaisir de courir, l’envie de maigrir, le besoin de décompresser, le dépassement de soi. Du pain bénit pour les marques, soucieuses de vendre de nouveaux produits. Reste que le novice aura bien du mal à choisir entre le concept Air de Nike, Gel d’Asics, Wave de Mizuno ou Abzorb de New Balance et une simple basket de supermarché ! Le prix fera souvent la différence.

Or, bien se chausser est impératif pour éviter les dysfonctionnements biomécaniques, causes de douleurs et blessures de type tendinite ou fracture de fatigue. Rappelons en effet que le pied réceptionne à chaque foulée un poids qui correspond à deux fois et demie celui du corps et, pour certaines articulations, jusqu’à sept fois.

La particularité d’une bonne chaussure résulte d’un savant dosage entre maintien, confort, dynamisme et amorti. Les deux autres paramètres à prendre en compte sont votre poids, votre vitesse de course et votre type de foulée (rasante, bondissante, courte ou longue). Plus on est lourd et moins on court vite, et plus il faudra de la stabilité et de l’amorti. Un coureur léger et rapide recherchera, en revanche, davantage de dynamisme. Enfin, le choix d’une bonne chaussure est aussi une affaire de sensation. Il y a des pieds Nike, Asics, Mizuno ou New Balance. Mais ce n’est pas tant la marque que le modèle d’une gamme qu’il faut regarder en priorité.

Asics Kayano XII

Comme tous les produits très perfectionnés, ce modèle exige d’être apprivoisé. Au début, on a un peu l’impression de trottiner sur des ressorts. Mais plus vite on court, mieux la chaussure accroche. Un modèle à réserver à des coureurs à l’allure soutenue. Contrôle antipronation (bord interne du pied qui s’affaisse). 150 euros

Asics Nimbus VII

Stabilité et confort sont les deux points forts du modèle phare de la marque japonaise. Plus haute que celle de la version précédente, elle gagne également en dynamisme. Parfaitement aérée, la Nimbus VII conviendra particulièrement au temps chaud. 145 euros

Adidas Super Nova Cushion

De tous les modèles femme, c’est celui qui offre le meilleur maintien du pied. Plutôt polyvalent, les coureurs lents (au-dessous de 10 km/h) se feront plaisir avec et les plus rapides y verront une bonne chaussure d’entraînement. Dotée d’une bonne accroche, elle permet de courir en sous-bois sur chemin. 100 euros

Brooks Glycerin 4

Chaussure avec de la relance, la Glycerin 4 bénéficie d’un d’amorti ferme, notamment sur l’avant. Malgré tout, le confort est bon, ainsi que la tenue du pied. L’accroche terrain, bonne également, permet de courir en sous-bois. Le chaussant est large à l’avant mais sans gêne pour un pied étroit. Pour coureur confirmé et rapide. 123 euros

Kalenji Keiyo 2000 (F) et Elite 2000 (H)

Trop massive, la version femme pèche par une semelle un peu trop rigide. La version homme se caractérise par un amorti trop ferme handicapant pour les coureurs au-delà de 70 kilos. Cela étant, elle conviendra parfaitement aux poids lourds lents à la recherche de stabilité et d’amorti. 70 euros.

Mizuno Wave Rider 9

Plus stable que la Kayano d’Asics, la Wave Rider est par contre un peu plus dure. C’est la conséquence du mode d’amorti par plaque plutôt que par un gel ou de l’air comme chez les autres marques. Légère, elle conviendra à tous les coureurs réguliers quel que soit leur poids. 125 euros.

New Balance 1060

Les qualités de stabilité et d’amorti de la 1060 de New Balance en font une excellente chaussure d’entraînement. Elle assure un bon guidage du pied sur courtes et longues distances. L’une des forces de New Balance est de proposer des chaussures en différentes largeurs. Une valeur sûre. 130 euros

Nike Percept

La crème de la chaussure pour femme. Testée lors du Marathon de Paris, elle remporte la palme de notre banc d’essai Nous ne lui avons trouvé aucun défaut si ce n’est celui de « chauffer » un peu le pied à partir de 40 kilomètres. Sensation que nous avions déjà ressentie avec d’autres modèles de Nike. 130 euros.

Reebok Premier Ultra III

Malgré un bon amorti, un bon maintien de la cheville et de la stabilité, ce modèle manque de personnalité. Il ne délivre que peu de sensations. Les pieds les plus fins pourront être gênés par la largeur de la chaussure à l’avant. Autres défauts : mauvaise qualité de la semelle, sans accroche sur terrain humide, et manque de dynamisme. 120 euros

Les conseils du pro

  • Privilégiez le confort et les modèles dits « universels » sans renforts internes, sauf si vous pesez plus de 90 kilos ou si vous déformez très vite vos chaussures.
  • Préférez un axe droit ou semi-courbe. En magasin, prenez la chaussure en main et pliez-la. La flexion doit se faire à l’avant-pied et non pas dans le milieu de la chaussure.
  • Petit truc : si vous hésitez entre deux modèles, penchez-vous en avant genoux tendus. Plus vos doigts se rapprocheront du sol et mieux les chaussures vous conviendront.

François Millas, podologue, Paris, chargé de cours à la faculté de médecine d’Angers

Notre procédure

Nous avons sélectionné treize modèles (homme et femme) conçus pour des coureurs occasionnels et réguliers. L’objectif était d’effectuer une centaine de kilomètres avec chacun. Nous l’avons réalisé sur bitume et sur sentiers, en prenant soin d’alterner distances courtes (5 à 10 km) et plus longues (21 km et 42 km), terrain plat et montée/descente de côtes, ainsi qu’en intégrant des séances d’escalier. Ces exercices nous ont permis d’évaluer le confort de la chaussure sur la durée (irritation, douleur), son niveau de maintien ainsi que sa stabilité. Au bout d’une heure de séance d’escaliers, on perd en effet le sens de l’équilibre. Le dynamisme de la chaussure, c’est-à-dire sa capacité à bien relancer la foulée, a été mesuré en accélérant.

Profil des testeurs : Quatre hommes : de 65 à 80 kg, coureurs réguliers de courte et longue distance.

Une femme : 58 kg, amatrice de raids et de courses sur très longues distances, marathon et au-delà.